La dentellière
Technique:
La dentelle est le résultat d'une combinaison de fils
exécutée à l'aiguille ou aux fuseaux, à
l'exclusion de tout autre procédé.
La dentelle n'apparaît que vers le milieu du XVIè
siècle et dans le monde occidental. Elle est née d'un
luxe nouveau, celui de la chemise de toile fine rendue apparente au
cou et aux poignets.
L'ouvrière emprunta au passementier son outillage traditionnel.
Il se composait essentiellement du coussin, des fuseaux et des
épingles. Cet outillage est resté à peu
près inchangé, particulièrement pour la
fabrication des dentelles issues des anciens passements,
c'est-à-dire pour celles qui, exécutées avec un
nombre constant de fils, sont désignées sous le nom de
"dentelles à fils continus".
Actuellement, dans nos provinces, le coussin ou carreau a l'aspect d'un
petit pupitre carré rembourré et légèrement
incliné. Il est souvent recouvert de toile bleue et, dans la
partie inférieure, de toile cirée pour faciliter le
maniement des fuseaux. Le piqué, c'est-à-dire le
modèle percé de petits trous destiné à
recevoir les épingles qui doivent guider et soutenir le travail,
est attaché à la partie supérieure du carreau de
même que les fuseaux qui, se maniant deux par deux, sont toujours
en nombre pair. Les fuseaux servent de bobines et de contrepoids: en
exerçant une certaine tension sur les fils, ils assurent la
régularité du travail. Un petit tiroir placé
à l'arrière du coussin reçoit la partie
achevée de la dentelle. Quand l'ouvrière a terminé
l'exécution du ou des motifs rapportés sur son
piqué et qui ne représente qu'une portion de son ouvrage,
elle est obligée de détacher son travail et de le
remonter pour pouvoir en poursuivre la fabrication, ce qui lui
occasionne une grande perte de temps.
Pendant des siècles, anonymement, la dentellière a
produit ce tissu ajouré composé de fils enlacés. Assise sur le pas de sa porte
ou éclairée par une bougie au coin du feu, inlassablement, ses doigts font
valser les fuseaux. Les fleurs, les rosaces, les festons naissent comme par
magie de cette danse effrénée.
Je ne connais pas, pour ma part, quelqu'un dans ma famille qui ait
fabriqué des dentelles. Peut etre quelques broderies, tout au
plus. Mes grands parents maternels étaient paysans et le travail
de la terre ne donnait guère le temps a ma grand-mère de
taquiner les fuseaux. Le raccomodage était plus son quotidien.
Quant à ma
grand-mère paternelle, elle était couturière, mais
je n'ai jamais entendu parler d'ouvrages de dentelles...
Celle de ma crèche est en fait une femme à l'aïoli
(Farandole) détournée...en dentellière aux
fuseaux....