Etymologiquement, le boutis semble tirer son nom de l'ancienne aiguille de buis
qui permettait ce délicat travail. Un travail qui occupait à marseille, en 1680,
près de 6 000 femmes pour une production de 40 à 50000 pièces de toiles par an.
Il ne faudra pas confondre piqué de Marseille et Boutis de Provence. Le piqué emprisonne une
seule pièce de matelassage entre deux tissus réunis par un piquage, aujourd'hui
mécanisé. Le vrai boutis crée ses
reliefs par un minutieux travail de bourrage du coton, mèche après mèche, emplissant formes et tunnels, préalablement
piqués à la main à petits points devant.
Pour faire la différence entre piqué et
boutis, il faut les placer tous deux face à une source lumineuse. Le premier ne
laisse passer qu'un jour opaque, diffus sur toute sa surface alors que le Boutis voit le
contre-jour magnifié, offrant volumes sombres et lignes claires bien tranchées,
toute la lumière traversant généreusement les espaces non méchés.
Ce qui est appelé Boutis pour les couvre-lits
vendus par correspondance ou dans les magasins actuels est un vulgaire
matelassage qui n'a même pas la noblesse d'un piqué de
Marseille. Mais à défaut de mieux, il embellit quand
même nos intérieurs en évoquant fugacement la
beauté des vrais Boutis faits à la main de longues heures
durant...
en transparence
C'est un ouvrage qui me fascine, tant par sa
beauté que par le travail qu'il représente. Je m'y suis
bien sur essayée et j'avoue que ce n'est pas facile du tout.
C'est avant tout un travail de longue haleine, et de grande
précision, mais aussi de goût. En effet dans la tradition
provençale, chaque dessin a une signification et "raconte"
l'histoire de celle qui le coud ou de celle qui le reçoit en
cadeau.
J'ai donc une affection particulière pour ce personnage de Lou Christou qui est la seule santonnière, je crois, à avoir représenté cette activité féminine.