L'Arlésienne
Le costume d'Arles est un phénomène unique dans
l'histoire. Il allie respect de la tradition régionale et
capacité d'évolution avec la mode du moment. Les
coiffes anciennes qui entouraient le visage font place au ruban
de couleur simplement enroulé sur la tête, les
droulets (dos de robe ouvert sur le devant et pourvu de 4
longues basques) et les bustes rigides cèdent la
place aux robes légères. Le costume d'Arles est
figé depuis la mode de la Belle Epoque, et est
célébré avec ferveur et passion.
Malgré les nombreuses occasions traditionnelles de porter ce
costume (fêtes de Noël, pastorales), la
population
se plait à le vêtir pour des manifestations beaucoup
moins solennelles comme les courses de taureaux, la
Fête du Costume, la Fête des Olives etc... Les rues
s'emplissent alors de femmes élégantes aux robes
chatoyantes, s'abritant délicatement derrière leurs
ombrelles.
On distingue cependant trois costumes
différents, le costume "en cravate" ou costume de
Mireille, le plus modeste, le costume "en ruban", porté en
ville et enfin le costume de cérémonie.
Le costume de Mireille est
composé d'une jupe de couleur portée avec un
tablier et sur un jupon de dessous qui fait gonfler la jupe et
affine la taille, d'un corsage qu'on appelle "eso" trés
cintré et toujours noir, un devant d'estomac blanc en
forme de trapèze, et d'un fichu blanc ou imprimé.
Sur la tête, la cravate, triangle de percale blanche
noué autour de la coiffe en oreilles de lapin, formant ainsi
deux cornettes.



Voici un costume de Mireille que j'ai réalisé pour ma
fille dans le respect de la tradition, je suis même allée
jusqu'en Arles rechercher des informations.
Ci dessous, mise en place de la selle et du
couverton qui permettra à Mireille de s'assoir sans se salir et
plus confortablement. Notre cheval Apollon n'était pas
trés à l'aise avec quelqu'un sur sa croupe...
Le costume en ruban est une toilette
habillée, et porter le ruban de velours est
généralement réservée aux femmes
mariées, ou du moins reconnues et respectées. Il
est composé d'une jupe en forme et d'un fichu fait dans le
même tissu et d'un jupon de dessous. Le ruban de coiffe
assortit ses couleurs à la jupe. "La chapelle" superpose devant
d'estomac, guimpe, fichu de dessous et fichu de dessus.
Trés jolies couleurs...
Enfin le costume de cérémonie, où la jupe et l'eso
sont taillés dans le même tissu de soie. Sur la chapelle,
la pèlerine de dentelle blanche ou ivoire remplace le fichu.
Elle est quelquefois noire, et elles rivalisent toutes de
beauté. Le ruban de coiffe est en velours de soie, et, s'il
n'est pas hérité de la mère ou la
grand-mère, il est généralement d'un prix
exorbitant, parfois plus que tout le reste de la toilette!!


Reste encore le souci de la
coiffe, et croyez moi, ce n'est pas simple, c'est tout un art!!
Explications en dessins...



Ces explications m'ont été gentiment donnés
par une dame tenant un magasin de tissus, rubans et accessoires
pour le costume, trés réticente à mon
projet, n'étant pas moi même arlésienne.
Après lui avoir expliqué que j'avais fait le trajet
de Toulon jusqu'en Arles pour reproduire le costume le plus
fidèlement possible et en respectant la tradition, elle a
accepté de m'aider, et je l'en remercie encore une fois.
C'est un excellent souvenir, je lui ai d'ailleurs envoyé
les photos de ma réalisation et elle était
satisfaite, je n'avais pas dénaturé le costume en simple
déguisement.
J'ai plusieurs arlésiennes dans ma
crèche, des jeunes, des plus agées et bien sur
Mireille, toutes me plaisent autant par ce qu'elles
représentent de valeurs et de traditions.

